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21/04/2014

L'Agent ne fait pas le Bonheur, et autres joyeusetés

Cette semaine je vous sers une nouvelle, quelques aphorismes, une devinette et un peu de nostalgie. Cela vous convient-il ?

 

L'agent ne fait pas le bonheur.

Revenant de mon concert dans une salle associative d'Aubervilliers, je suis comme d'habitude sur un petit nuage. Quel bonheur de partager mes chansons et de recevoir des applaudissements en retour ! Quelle joie de rencontrer de nouvelles personnes dans un cadre valorisant pour quelqu'un comme moi, fondamentalement en manque de confiance. Et quelle adrénaline, quelle excitation ! Je me sens plus vivant que jamais.

Mais voilà c'est terminé, je dois retourner à la voiture avec ma guitare, mon sac à dos rempli de matériel et la tête pleine de bons souvenirs.
Après 10 minutes de marche (après avoir tourné et tourné dans le quartier, je n'ai pas pu me garer plus près), j'aperçois la Twingo au loin mais également un attroupement, un bus en arrêt et il me semble bien reconnaître un policier... Quelque chose d'autre me paraît bizarre, mais quoi ? Cela reste indéfinissable...

Bien qu'ayant la conscience parfaitement tranquille, j'avance vaguement inquiet. Ça doit faire partie intégrante du prestige de l'uniforme de policier ou de gendarme. Il devrait rassurer les gentils et inspirer la crainte aux méchants mais en fait tout un chacun se sent suspect et redoute l'arbitraire. La police n'est pas toujours lisse.

A priori je n'ai pas de raison d'avoir peur, je me suis garé sur une place autorisée, sur le côté gauche de cette rue à sens unique. J'ai eu quelque mal à effectuer mon créneau, par manque de pratique car je prends habituellement les transports en commun. La rue m'a parue un peu étroite alors j'ai bien pris soin de replier le rétroviseur. On n'est jamais trop prudent. Le stationnement ici, fait assez rare pour être souligné, n'est pas payant. Il n'y a aucun parcmètre aux alentours.

Je constate que la voiture devant la mienne a un PV sur le pare-brise. C'est tout à fait légitime car elle ne stationne pas sur un emplacement dédié à cet effet et elle en face d'une sortie de garage. Par contre je suis interloqué car j'ai l'impression que moi aussi j'ai eu droit à un procès verbal ! Dans le doute jusqu'au bout, je soulève précautionneusement l'essuie-glace, prends délicatement le fin papier et le lis à plusieurs reprises.
Je ne rêve pas, c'est hélas bien ce que je redoutais ! Un policier en bon uniforme m'a collé une contravention en pas bonne et indue forme.
C'est la première fois que ça m'arrive mais puisque le coupable est encore présent sur le lieu du crime, je vais pouvoir lui expliquer directement son erreur et le renvoyer avec tact dans ses 22.

Mais ce n'est pas tout... Je réalise soudain que ma Twingo n'est pas garée là où je l'avais laissée il y a une heure ! Pendant ma prestation musicale elle a visiblement été déplacée, malgré le frein à main et une vitesse enclenchée !!! C'était donc ça ce qui me tracassait en arrivant !

Cependant elle est garée correctement.

Que s'est-il passé ?

On n'est pourtant pas dans K2000 ("Kitt tu m'entends ? Rapproche-toi si tu trouves une place plus près pendant que je joue !").

Et pourquoi une amende ?

Alors que la nuit commence à tomber (comme mon moral), je deviens blême. Perplexe, ma cervelle se perd en conjectures, échafaudant de multiples hypothèses.
Mais devant la vanité de cette tâche je comprends qu'il est strictement inutile de rester ainsi dans le dédale sans issue de mes interrogations. Je dois réagir !

Je rejoins donc timidement le policier en train de discuter avec plusieurs personnes sorties du bar jouxtant l'endroit du drame. Pour interrompre cette conversation je secoue mollement le PV sous son nez en affirmant cependant d'une voix pas très affirmée que je ne saisis pas la raison de cette mise à l'amende.

Plein d'empathie (à ne pas confondre avec la sympathie), je subodore ses pensées. Il doit se dire qu'il va encore avoir affaire à un énième emmerdeur de mauvaise foi et qu'il va devoir s'en débarrasser promptement s'il veut terminer enfin sa longue tournée.

- "Vous n'avez pas le droit de stationner ici" clame-t-il péremptoirement devant l'assistance impressionnée et confortant malheureusement mes a priori.
- "Mais pourquoi Monsieur l'agent ?" Dis-je au policier d'une voix que je souhaiterais policée.
- "Vous n'avez pas le droit de stationner ici."

OK, la partie n'est pas gagnée, je dois la jouer fine. Ce dépositaire de l'autorité étatique n'a pas l'air de vouloir se montrer particulièrement compréhensif. Je ne suis pas dans ses petits papiers.

- "Mais pour quelle raison enfin ? Je n'ai pas vu de panneau d'interdiction de stationner et je suis sur un emplacement délimité."
Sûr de mon droit, je sens intuitivement que ce n'est pas le moment de l'embrouiller avec mon histoire de voiture déplacée comme par magie pendant mon absence. Point trop n'en faut.

- "Vous n'avez pas le droit de stationner ici car le bus ici présent ne peut pas passer, vous êtes en infraction au code de la route".
Effectivement le bus est toujours là, bloqué, avec à son bord un chauffeur échauffé et moult passagers pas sages et aux visages rendus peu amènes par une impatience grandissante. Néanmoins j'insiste encore courtoisement :
- "Mais, Monsieur l'agent, vous voyez bien que je suis garé sur un emplacement peint exprès pour cela".
- "Vous n'avez pas le droit de stationner ici, c'est comme ça dans sur cette voie depuis longtemps."
C'est peut-être une lacune mais je ne connais pas toute l'histoire de cette rue alors j'ajoute :
- "Mais alors Monsieur l'agent, pourquoi depuis tout ce temps n'y a t-il pas de panneau et pourquoi voit-on encore distinctement des marquages au sol ? Comment pouvais-je deviner que je n'avais pas le droit de me garer ici ?"
Ne tombant pas dans le panneau consistant à justifier ses actes sans fondement devant un citoyen récalcitrant, il pratique avec aisance la science de l'esquive lourde de sens :
- "Vous n'avez pas le droit de stationner ici car le bus ici présent ne peut pas passer, vous êtes en infraction au code de la route."
La pédagogie, c'est l'art de la répétition...

On tourne en rond comme dans une cours carrée de prison. Je sens que la pression monte mais il ne faut pas crier dans un dialogue de sourds, surtout quand l'adversaire détient l'autorité de par sa fonction. De facto de son bon vouloir je suis pris en otage. Il ne faudrait pas en plus tomber dans le basique piège d'une prise d'outrage.

Les badauds apparemment avinés du café assistent à l'échange et boivent nos paroles avec délectation. Du petit lait, ça doit les changer. A priori ils ont un faible pour le faible que je représente et se font fort de le faire savoir bruyamment. Je ne suis pas certain que cela joue en ma faveur.

Du coin de l'oeil je vois des gens qui sortent du bus, font un bras d'honneur et continuent leur chemin à pied.

Le camion de la fourrière arrive pour procéder à l'enlèvement du véhicule devant le mien et dont le propriétaire reste invisible. Je suis un peu perdu dans toute cette agitation et l'émotion me fait trembler.

Dans mon malheur je me réjouis d'être présent à temps, même si je dois au final payer la contredanse. Si j'étais arrivé ne serait-ce qu'un quart d'heure plus tard je n'aurais pas retrouvé ma voiture du tout, ni à sa place ni à son nouvel emplacement.
De surcroît j'ignore quelle est la procédure exacte pour récupérer sa caisse. J'imagine qu'on doit se rendre au commissariat le plus proche, encore faut-il savoir où il se trouve, et que là-bas, après une certaine attente, un agent indique le lieu de détention du véhicule incriminé. Ensuite charge à nous sans doute d'y accéder par nos propres moyens, c'est-à-dire à pied, en transport en commun ou pour les plus fortunés en taxi, et ce bien entendu avant l'heure de fermeture de la fourrière. Sinon il faut se débrouiller pour rentrer chez soi et revenir le lendemain, si c'est ouvert. Bref une galère sans nom pour n'importe qui et probablement encore plus pour moi.

C'est peut-être du délit de sale gueule mais mon policier n'a pas l'air d'être une flèche. Il a un regard placide genre bovin, mais peut-être le fait-il exprès pour énerver ces cons de concitoyens. Désespéré j'essaie de mettre en avant un argument factuel et incontestable :
- "Regardez par vous-même, Monsieur l'agent, ma voiture est sur une vraie place."
Le policier rétorque illico :
- "Non, il n'y a pas de marquage."
- "Mais si je vous en supplie, observez de plus près."

Dans la quasi pénombre et la froideur de l'hiver il consent à se baisser et à regarder sous la Twingo pour y rechercher la trace et la preuve matérielle de ce que j'avance. On se croirait dans Les Experts Aubervilliers. Après d'interminables secondes, l'incrédulité menottée au corps, il assène :
- "Non, il n'y a pas de marquage."
- "Mais si, vous marchez dessus."

J'espère maintenant qu'un déclic va s'opérer chez cette farce de l'ordre. Mais non je me trompe, il ne veut pas en démordre :
- "Effectivement je constate la présence d'un marquage mais il ne devait plus y être. De toute façon vous n'avez pas le droit de stationner ici car le bus ne peut pas passer."

Argh ! Mais quelle mouche l'a képi, pourquoi un tel déni de la réalité ? Où sont les caméras ? C'est une blague ou quoi ?

Presque à l'agonie, des larmes dans les yeux, j'ai l'impression de vivre le film "Un jour sans fin", sauf que mon objectif n'est pas de rendre le policier amoureux mais simplement d'obtenir justice.
- "Mais enfin comment pouvais-je deviner qu'il y a une ligne de bus dans cette rue, il n'y a même pas d'arrêt. Je me suis garé, en toute bonne foi, dans un emplacement bien délimité. J'ai bien remarqué que la voie était étroite mais ce n'est pas de ma faute. En plus je vous signale que je ne me suis pas garé là mais un peu plus en amont. Je ne sais même pas comment ma voiture est arrivée ici ! Ce n'est pas moi c'est quelqu'un d'autre !"

Aïe ! A court d'idée j'ai lâché cette information aussi véridique qu'absurde et incroyable. Maintenant c'est sûr, il va me prendre pour un cinglé mythomane. J'ai tendu la matraque pour me faire battre.

La clientèle de l'estaminet, devenue de plus en plus fournie sur le trottoir, intervient et prend alors ma défense par l'intermédiaire d'un homme qu'on imaginerait volontiers patienter dans une cellule de dégrisement. Avec un débit de débit de boisson, il pérore :
- "Monsieur dit vrai, on a tout vu Monsieur l'agent. Tout à l'heure un gros camion a essayé de passer et la voiture du monsieur l'en empêchait. Ni une ni deux et comme un seul homme ils sont descendus, ont soulevé le véhicule à main nue et l'ont posé là."

Tout s'explique ! Ce mystère aussi opaque que celui de La Chambre Jaune s'est éclaircit. C'est fou et malgré tout plausible. D'ailleurs l'assemblée acquiesce vigoureusement à grand renfort d'onomatopées inintelligibles, corroborant ainsi sans équivoque le témoignage à décharge du sieur.

C'en est trop, les certitudes jusqu'alors inébranlables du policier paraissent soudain vaciller. Ce n'est pas beau à voir.

Encouragé par cette révélation fracassante et maintenant assez remonté face à l'agent assermenté, je tente de pousser mon maigre avantage :
- "Il est maintenant manifeste que vous ne pouvez pas me coller cette amende, ce serait totalement injuste et injustifiable."

J'ai l'impression de voir tourner de lents engrenages à l'intérieur de son crâne. Dans les prisons de France on manque de cellules et bien dans son cerveau on dirait que c'est pareil. Cependant cette fois il semble prendre conscience qu'il doit se rendre, cerné par l'évidence. Sous la pression conjointe de la vérité et d'une foule de témoins difficilement canalisable, il ne peut échapper à un reniement.

Le bus, jusqu'alors bloqué, réussit à passer suite au départ du véhicule prélevé par la fourrière. La situation se décante.

A contrecoeur, visiblement mal à l'aise, le gardien de la paix s'exprime d'une voix à peine audible, sans doute celle de la raison :
- "D'accord mais ça m'embête d'annuler cette contravention parce qu'après je vais devoir l'expliquer auprès de mes supérieurs."

Je manque de m'étouffer. Effectivement c'est ennuyeux et il a peut-être des objectifs chiffrés à atteindre avec une prime à la clé et des bouches à nourrir. Sacré dilemme...
Je prends sur moi et tente maladroitement de le rassurer :
- "Monsieur l'agent, ils comprendront que vous n'aviez pas le choix."
- "Oui mais pourtant on fait ça tous les jours dans cette rue."

Je me retiens de justesse d'évoquer le terme qui me vient instantanément à l'esprit, "racket", mais ça doit faire déjà une grosse demi-heure que j'essaie de défendre ma cause. Si près du but, ce n'est vraiment pas le moment de tout foutre en l'air en interjectant mal à propos.

Je sens bien qu'il rechigne encore à l'idée de toute cette paperasse à rédiger pour se dédouaner vis-à-vis de ses chefs. Je ne dis rien, je le laisser peser le pour et le contre. La balance penche maintenant de mon côté mais il ne faut pas prendre pour argent comptant ce que dit un agent pas content. Il pourrait encore changer d'avis. Après tout ce n'est facile pour personne d'avouer qu'on s'est trompé, de faire fi de son orgueil, et ce sans avoir le sentiment humiliant de perdre la face.

Après quelques minutes de désarroi et de violente querelle intérieure, se rappelant peut-être qu'une des bases de son illustre métier est de protéger et servir, le policier prend enfin son carnet à souche, mon PV, et l'annule consciencieusement, avec une application enfantine, non sans avoir préalablement demandé mes papiers. Son stylo ne commet pas de bavure, lui.

Puis, comme délivré d'un trop gros fardeau, il demande gentiment si mon véhicule n'a pas été abîmé pendant son transport manuel.
Touché par cette marque d'affection je fais le tour et constate que l'avant gauche paraît effectivement enfoncé. Néanmoins, exténué par ce long combat contre un moulin à vent, je renonce à l'évoquer. C'est un tort, notamment pour me faire rembourser par l'assurance, mais je veux simplement rentrer chez moi, manger, m'asseoir dans le canapé et regarder la télé. Mais certainement pas devant un policier.

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(Inad)équation Amoureuse : Ma Moitié se moque du tiers comme du quart et est d'accord à 100% pour dire que ça lui est à demi égal de représenter Tout pour le Zéro que je suis.

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Je croyais tromper ma moitié mais en fait c'était juste mon ennui.

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Le 1er qui Devine ce que c'est gagne mon dernier single DATE LIMITE.

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Un parti est mal parti et n'arrivera nulle-part s'il se compose de parvenus revenus de tout.

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Nostalgie...

Séance photo avec Papa dans le salon. Je dois avoir à peu près 18 ans.

C'est ma 1ère guitare, reçue à Noël 1994, à 16 ans. Mes amis et moi ne savions alors pas nous accorder ni jouer que déjà nous composions et enregistrions immédiatement sur magnétophone des dizaines de chansons que nous étions bien incapables de refaire ne serait-ce qu'une seule fois (heureusement !).
Incompétents mais créatifs.
Je conserve l'intégralité de ces enregistrement bien précieusement, effectuant des sauvegardes suivant l'évolution de la technologie (K7, CD, disques durs).

Je porte certains signes distinctifs de l'époque, notamment la chemise de bûcheron pour faire grunge. Nirvana a laissé des traces vivaces et n'est pas pour rien dans mon envie de faire de la musique avec mes potes. Kurt Cobain a démocratisé la musique avec ses morceaux géniaux de fausse simplicité (je n'ai encore jamais entendu de reprise qui surpasse l'original).

Le t-shirt Guns n'Roses, le seul groupe dont j'ai vraiment été fan. J'écoutais mes K7 en boucle et connaissais toute leur tumultueuse histoire.

Pour les paroles, nous étions tous admiratifs de Renaud.

Je n'ai jamais eu le look totalement cohérent, je me suis toujours cherché. Pour preuve cette montre swatch dorée. Au collège j'avais une apparence banale mais je portais un bracelet à pointes...

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Nostalgie encore...

Je prends la pose dans le salon devant mon papa. On remarquera avec une certaine émotion l'ampli Rebel 10W, les Doc Martens et le jean troué.

Mes modèles sont alors Slash et Angus Young mais je me rends rapidement compte qu'il n'est pas du tout évident de bien jouer de la guitare et encore moins en sautant partout comme un dingue. Cruelle déconvenue !

Je ne ponds pas encore de tubes (et toujours pas 20 ans plus tard, flûte !) mais j'en rêve.
Bon secrètement j'espère aussi que jouer de la guitare, chanter, me laisser pousser les cheveux et faire de la musculation m'aideront enfin à trouver l'Amour.
Bref, je mets tous les atouts superficiels de mon côté pour les ajouter à mon aura naturelle car celle-ci semble pour je ne sais quelle raison complètement invisible de la gente féminine.

 

01/04/2014

Gros pêle-Mêle des 3 dernières semaines de travail

Non je ne vous abandonne pas ! J'ai bien bossé ces dernières semaines pour vous offrir aujourd'hui le fruit de ce plaisant labeur : jeux de mots, vidéo, nouvelles, photos,... C'est un très gros post du coup, pardon s'il y a indigestion.

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Accepte-moi je ne prendrais pas de place, ou alors peut-être juste dans ton coeur...

Pourquoi je me montre si Distant ? Pour mieux t'Admirer mon Amour ! - 1er Conseil de BHaut Parleur

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Shellfie de l'Artiste

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Cellefi de l'Artiste

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Prise de Bec

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Brume à la Plage de la Source à Pornic

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Croix amalgamée : après

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Croix amalgamée : avant

 

Mauvaise impression

En boutique je suis mal à l'aise au point de ressentir parfois des vertiges diffus pendant plusieurs heures. Comme si j'étais sous pression, en stress ou face à un dilemme cornélien et paralysant. Moi qui suis un intello (à défaut d'être manuel), je me retrouve alors privé de réflexion. Je ne suis plus alors qu'un pâle reflet de ce que suis habituellement. C'est dire si c'est peu car je suis de nature quasiment transparente tant je suis discret et sans charisme. A tel point que les portes automatiques des grandes surfaces oublient parfois de s'ouvrir lorsque j'arrive devant elles.

Ce mal-être bizarre est peut-être dû à la configuration géométrique des lieux, avec tous ces rayons et ces milliers d'objets alignés et superposés d'une manière particulière et ordonnée. Drôle d'idée me direz-vous mais un ostéopathe réputé a un jour avancé cette hypothèse en apprenant que je souffrais d'une légère diplopie de l'oeil droit. J'avoue sans vergogne que j'aime bien cette supposition car elle possède l'avantage de mettre en cause mon corps plutôt que mon équilibre mental. En tant qu'intellectuel, je préfère.

En tout état de cause je ne crois pas que ce soit une phobie car la manifestation des symptômes n'est pas complètement ingérable. Elle n'est pas (totalement) liée à ma peur des gens par exemple. Force est de constater que même au sein d'un magasin dépeuplé mon malaise pointe le bout de son nez. A l'inverse je me sens comme un poisson dans l'eau dans un concert au milieu d'un pogo réunissant plusieurs milliers d'agités du bocal.

La cause pourrait éventuellement trouver son origine dans mon rapport à la consommation ou à l'argent mais je fiche mon billet que ce n'est pas ça non plus.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir subi d'expérience traumatisante dans ma jeunesse si j’exclus la fois où j'ai découvert l'existence de la sexualité au rayon livres pour enfants d'une grande surface.

Hum, oui vous avez bien lu...

Petit retour en arrière. C'était chez Mammouth, qui à l'époque écrasait les prix mais aussi parfois et c'est moins connu, l'innocence des plus petits. Ce jour là je suis tombé sur une bande dessinée de la Cicciolina, l'une des premières porno-stars de l'histoire, aujourd'hui reconvertie dans la politique (soit le parcours inverse de certains de nos politiciens).
Cette œuvre édifiante n'avait a priori rien à faire aux côtés de Babar l'éléphant malgré une certaine similitude entre la trompe de ce dernier et plusieurs protagonistes de l'aventure plutôt mieux pourvus que la moyenne en matière d'entre-jambe.
L'histoire racontait sexplicitement et force détails comment la demoiselle parvenait à rendre le monde meilleur en couchant avec celui-ci, n'importe où et n'importe quand. Après ce traitement de choc, même les méchants chasseurs se comportaient comme de gentils lapins.

Pour rester sur le thème de l'enfance, peut-être que mon trouble en boutique tire son origine d'une crainte certes faible, mais ressentie pendant des années : celle qu'un vigile zélé de l'hypermarché vienne nous surprendre et nous gronder, mon frère et moi, en pleine lecture gratuite de BD. En effet les parents nous laissaient seuls à ce rayon pendant qu'ils faisaient leurs courses les vendredi soir.
C'est grâce à ce rituel que j'ai pu découvrir fiévreusement(en sus de la Cicciolina), Chick Bill, Aria, Lucky Luke, Tintin, Astérix, Boule et Bill et bien d'autres trésors.
En tout et pour tout la prise en flagrant délit de lecture gratuite est arrivée une malheureuse fois. En fait nous avions bien plus de raisons de craindre le retour des parents avant la fin de l'album en cours. Nous nous dépêchions de lire une première œuvre. Ensuite il était forcément très tentant d'en commencer une seconde tout en sachant pertinemment qu'elle serait sûrement impossible à terminer avant le temps imparti et que de surcroît elle ne serait peut-être plus disponible la semaine suivante... La frustration crée le désir.

Il m'est arrivé bien d'autres petites mésaventures qui pourraient expliquer cet étrange mal-être anti-shopping. Par exemple, gamin, ma maman m'a un jour envoyé faire de menues emplettes au Codec près de chez nous. Et bien j'ai réussi l'exploit de revenir sans les achats, négligemment abandonnés sur le tapis de la caisse, après avoir bien-sûr payé. Vexant et complètement nul. Après m'être fait sermonner j'ai dû retourner à la supérette mais quelque malotru était déjà reparti avec mes sacs. Cuisante humiliation.

Au final et c'est un aveu d'impuissance, je n'ai aucune idée du véritable pourquoi de cette gêne incongrue qui m'empêche de profiter pleinement de notre alléchante société de consommation. Ceci étant, faut-il toujours une raison à la folie ?

Conséquence de cette inaptitude je loue chaque jour le miracle Internet qui permet de contourner cette corvée. Je commande directement depuis mon bureau douillet presque tout ce dont j'ai besoin. Chez moi le déclic du clic de souris est venu rapidement et avec le sourire. Au moins à tête reposée je peux rechercher les meilleurs rapports qualité/prix et me renseigner dans le détail, sans vendeur oppressant ou incompétent. Bref, je me sens sur le Web comme un Spiderman anonyme dans sa toile.

Cependant entre le Net et la boutique physique il existe un entre-deux. Parfois la commande s'effectue en ligne mais la livraison est à récupérer dans un vrai magasin où il faut (hélas) se rendre en chair (de poule) et en os pour récupérer son bien.
Ainsi la semaine dernière j'ai effectué un achat sur le site de Décathlon pour acquérir plusieurs équipements sportifs et je dois aujourd'hui récupérer ma commande. Dur, mais je n'ai pas le choix, l'ermite que je suis devenu va devoir sortir de sa bulle. Sur le site j'en ai aussi profité pour accepter leur carte de fidélité. Seulement celle qui m'a été proposée est provisoire et il faudra que je la finalise sur place.

Nous nous rendons donc au magasin avec mon épouse, Angelina, et mon fils, Nicolas, car eux vont aussi s'équiper, courageusement, sans passer du tout par Internet.

En entrant je demande à la caissière quelle est la procédure à suivre pour obtenir mes biens. Pour la carte de fidélité elle désigne une borne où je devrais me rendre. Quant à la commande en ligne, sans vouloir me commander elle me presse de la suivre et me montre un gros carton dans l'arrière boutique. Nous l'ouvrons, je vérifie qu'il y a tout et je l'interroge pour savoir si je peux faire un essayage des vêtements. Sa réponse est positive.

La caissière commence alors par faire le tri afin de laisser sur place ce que je n'ai pas besoin d'essayer. Ensuite elle fait le décompte des articles à emmener afin de ne pas avoir de problème à mon retour, au cas où je reviendrais avec des articles supplémentaires. Enfin une autre employée m'emmène jusqu'à une cabine, au sein du magasin.
J'enfile les différents vêtements et par chance tout me va à peu près (une fois achetés je suis du genre à garder et même mettre des habits qui ne me vont pas, j'assume contre toute raison). L'épreuve durera ainsi moins longtemps car comme à l'accoutumée je ne me sens pas très bien. Malgré le lieu, ce n'est pas à fond la forme...

Pressé d'en finir je pars à la recherche d'Angelina et Nicolas. En fait ils sont déjà en train de m'attendre pour passer à la caisse. Ils sont allés plus vite que moi ! Preuve que je tourne au ralenti.

La caissière contrôle que je n'ai pas ajouté d'article et démagnétise les antivols pour empêcher l'alarme de sonner.
J'informe Angelina que je dois encore faire imprimer ma carte de fidélité. Surprise, elle me rétorque qu'elle en a déjà une et qu'il était donc inutile de demander un exemplaire supplémentaire. Je ne savais pas ou si je l'ai su cette information n'a pas daigné rester dans ma cervelle de moineau. A vrai dire j'étais même intimement persuadé qu'Angelina ne souhaitait plus de carte de fidélité, surtout celle d'un magasin de sport où il est rare que nous allions.
L'idée de renoncer à la nouvelle carte surgit dans mon esprit embrumé mais mes achats sur Internet ont déjà généré automatiquement un chèque-cadeau. Ce serait bête de s'en priver alors tant pis, nous aurons chacun notre carte.

Angelina et Nicolas m'attendent derrière la caisse. Je me dirige vers une table sur laquelle il y a un écran d'ordinateur et un clavier, ainsi qu'une machine oblongue posée à gauche. Sur l'écran est indiquée la procédure à suivre.

Je stresse un peu plus car j'ai toujours appréhendé d'avoir à faire à des machines peu intuitives et de ne pas m'en sortir. C'est le même genre d'angoisse idiote que je ressens avec les pompes à essence, les distributeurs de boissons, de tickets de métro ou de billets de train. Il m'est arrivé de faire la queue longtemps plutôt que de retirer rapidement un billet SNCF via une borne automatique.
Une fois à Lyon j'ai voulu retirer de l'argent au distributeur et j'ai réussi le tour de force de partir sans l'argent ! Je m'en suis aperçu à la bibliothèque universitaire une demi-heure plus tard. Heureusement les billets avaient été ravalés par la machine et non pris par quelqu'un d'autre. Sans doute avais-je l'esprit trop occupé par mes études...
Le pire c'est que je n'aime pas non plus m'adresser aux guichets et demander quelque chose à une personne réelle que je ne connais pas.
Bref, un rien est compliqué pour moi, je me fais une montagne de tout un tas de choses banales, je me sens inadapté. Et malgré l’avènement du virtuel je suis bien obligé parfois d'affronter la vie, la vraie.

Je lis et relis les instructions à l'écran pour imprimer ma carte plastifiée. Pour commencer il faut scanner le code barre de ma carte provisoire. Je déplie donc mon papier imprimé préalablement chez moi et le passe devant la drôle de machine posée à ma gauche. Rien ne se passe, elle ne moufte pas. Je repasse la feuille deux ou trois fois, de gauche à droite, de bas en haut, en biais, sans résultat. Pourtant elle n'est pas froissée et bien lisible.
Je jette un coup d'oeil derrière moi, je pressens que tout le monde me regarde et commence à se moquer du pauvre type qui n'arrive pas à se servir d'une douchette. Visiblement non, je dois être paranoïaque ou alors ils font comme s'ils n'avaient rien vu. Ils sont malins.
Fugitivement l'idée me traverse de demander de l'aide mais j'ai trop d'orgueil mal placé. J'aperçois au loin Angelina et Nicolas qui paraissent s'impatienter. Je leur lance un sourire (crispé) pour les rassurer.

Dans un geste désespéré je montre à nouveau mon code-barre à la machine aussi grise que ma mine. J'essaie vainement d'avoir l'air de celui qui sait très bien ce qu'il fait, qui garde la maîtrise en toute circonstance. Rien n'y fait, l'appareil reste sans vie. Peut-être est-il simplement en panne ?

Je lis sur l'écran qu'en cas d'échec il faut taper les 13 chiffres du code barre à la main. Ouf, ils ont prévu une solution de secours.
Je lance un second regard anxieux derrière moi. Ils doivent tous se demander ce que je fous. En général ça doit aller beaucoup plus vite. Comme la fois précédente les clients et le personnel jouent avec brio l'indifférence.
Angelina me fait toutefois un signe pour dire "Alors, c'est bientôt fini ?". Je me ressaisis et saisis résolument, un à un, les caractères du code-barre qui dansent devant mes yeux. Je vérifie ma frappe. OK. Je re-vérifie. Toujours OK. J'appuie sur entrée. OK !
Je ne me suis pas trompé, cela semble fonctionner. J'entends le bruit rassurant d'une imprimante qui se met en branle.
Je m'en félicite, soulagé de m'en tirer enfin.

Répit de courte durée car subitement je réalise que l'imprimante en question est en fait la machine muette et obtuse qui ne voulait pas scanner ma carte provisoire !
Je prends rapidement conscience que j'ai passé et repassé mon code-barre, de manière tout à fait ridicule et inappropriée, devant une imprimante qui n'a jamais été conçue pour scanner quoi que ce soit. Ca ne risquait pas de marcher ! Ils doivent bien se marrer dans mon dos les gens mais je n'ose plus me retourner.

Mais alors où se trouve cette foutue douchette ?

Et bien je m'aperçois que depuis le départ elle trône sous mon nez, un peu à droite sur la table, parfaitement en évidence pour qui n'a pas l'esprit confus. Son laser rouge me nargue en me faisant outrageusement de l'oeil, genre "coucou, j'ai toujours été là, nananère !". Accablé je rejoins mon épouse et nous quittons ce lieu maudit. La prochaine fois je paierais les frais de port.

Décidément je pense que les magasins me feront toujours mauvaise impression.

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La maternelle, c'est pas de la tarte

J-3.

Nicolas, à table, nous demande :
- "Est-ce que je pourrais manger du gâteau le jour de mon anniversaire des 5 ans à l'école ?"
- "Bien-sûr que oui ! Répondons-nous en cœur.
- "Quand c'est l'anniversaire des autres tu as toujours le droit alors quand c'est le tien encore plus, non ? Ajoute Angelina.
- "Ce serait vraiment bizarre que tu n'en ais pas. Pourquoi poses-tu cette question ?" Interviens-je à mon tour.
- ...
Pas de réponse, Nicolas change vite de sujet et nous en restons là. Peut-être que celui dont c'est l'anniversaire est servi en dernier, par politesse ou pour raison pédagogique...

Jour J.

Comme d'habitude en ce mardi je vais chercher Nicolas à l'école à 16h45. Il sort, dit vaguement au revoir à sa maîtresse, Marguerite, puis part en direction de la sortie. Comme je sais qu'il a fêté son anniversaire en classe avec ses camarades, j'interroge rapidement Marguerite :
- "Est-ce que le goûter d'anniversaire s'est bien passé ?"
- "Oui très bien mais c'est drôle parce que Nicolas a demandé avant que ça ne commence s'il aurait l'autorisation comme les autres de prendre une part de gâteau"
- "Étonnant en effet, d'autant qu'il nous a aussi posé cette question il y a peu..."
Voyant Nicolas déjà loin j'abrège la conversation et vais le rejoindre.

Jour J, au dîner.

Angelina demande à Nicolas comment s'est déroulé son anniversaire à la maternelle. N'aimant généralement pas trop raconter ses journées il fait un résumé :
- "Bien."

Bon, en l'asticotant un peu plus il nous explique qu'il n'apprécie toujours pas quand on lui chante Joyeux anniversaire. Timide et réservé il se sent vraiment gêné d'être tout à coup le centre d'attention.
Je signale à Angelina ce que l'enseignante a dit à propos du gâteau. Ne sachant pas trop quoi en penser nous ré-interrogeons Nicolas. Nous n'espérons pas vraiment de réponse mais cette fois il se lance.

Et c'est là qu'il nous raconte, des sanglots dans la voix, qu'il y a un an jour pour jour, à son précédent anniversaire, à 4ans donc, en 1ère année de maternelle, son institutrice de l'époque, Gertrude, une remplaçante qu'il n'appréciait guère (comme plusieurs autres enfants), lui a totalement interdit de manger sa part de gâteau.

Nous imaginons cette terrible scène.

Consternés et tristes d'apprendre cette histoire uniquement maintenant alors que Nicolas aurait pu et Gertrude aurait dû nous en parler, nous demandons à notre progéniture pourquoi il a vécu cette cruelle privation.
- "J'étais puni."
- "Pourquoi ?"
- "Parce que je n'étais pas sage."
- "C'est-à-dire ?"
- "J'avais dit un gros mot."
- "Ah bon, lequel ?"
- "Grosse fesse."
- "Ah oui, et à qui as-tu dis ça ?"
- "A Léa, une fille de ma classe."

Donc voilà, Nicolas, de l'avis général un gentil petit garçon, à 4 ans seulement a subit la méchante humiliation, devant tous ses copains de petite section, d'être privé de son propre gâteau d'anniversaire (que nous, parents, avions apporté), pour une simple et sans doute très exceptionnelle incartade langagière. Il aura fallu un an avant qu'il puisse en parler.

Nous expliquons alors à Nicolas que cette punition était très exagérée et qu'il devrait toujours nous dire quand il a fait une bêtise parce que ça peut souvent être réparé. Nous aurions pu notamment en discuter avec Gertrude. Nous demandons à notre fils quelle aurait été à son avis une juste punition. Il hésite, réfléchit... Je propose :
- "Aller au coin quelques minutes ?"
- "Heu... Non, plutôt de manger le gâteau sur une chaise à l'écart des autres" s'exprime-t-il.
- "Oui effectivement ça aurait été mieux."

Nous comprenons un peu mieux pourquoi l'an passé il n'aimait pas aller à l'école alors qu'il adorait auparavant la crèche et que plein d'autre enfants se font une joie d'être en maternelle. Nous avions mis ça sur le compte de plusieurs raisons vraisemblables comme notre déménagement et l'absence d'Angelina les jours de semaine en attendant sa mutation de Lyon à Bordeaux. Nous savions que le courant ne passait pas super bien entre notre fils et Gertrude mais sans aucun fait particulier à reprocher à cette dernière. Nos rapports avec elle étaient tout à fait corrects et elle ne nous faisait pas mauvaise impression.

Cerise sur l'absence de gâteau, Nicolas nous racontera quelques minutes plus tard que Marguerite, sa maîtresse actuelle, lui avait fait dans un premier temps la mauvaise blague de répondre qu'il n'aurait pas le droit d'avoir sa part. La pauvre ne pouvait pas se douter que derrière cette question surprenante se cachait une réelle douleur. Je lui dirais le fin mot de l'histoire la prochaine fois que je la verrais.

D'un côté les enseignants jouissent d'un pouvoir disproportionné et quelques uns n'hésitent malheureusement pas à en abuser, consciemment ou pas. De l'autre côté les enfants ne disent pas tout et peuvent aussi mentir.
Dès lors, parents impuissants, nous ne pouvons nous empêcher de penser : pourrait-il y avoir d'autres choses plus graves que nous ignorons ?

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 Fête des Paires

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Bière qui roule amasse mousse

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C'est un jour à marquer d'une Bière blanche

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C'est celui qui dit qui HAIT

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Donnez du H à la campagne et faites couler le cHampagne

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Hip-Hop, l'Argent coule à Flow

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J'aimerais apporter ma Bière à l'édifice

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J'aimerais retourner à l'âge de Bière

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Je pense donc je Hais

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A la bonne heure !

Au moment de sortir mon scooter pour aller au boulot en cette journée du 24 mars, un doute m'étreint avec fulgurance. Je ne sais pas si c'est à cause de la luminosité dehors ou d'autre chose mais je me dis que j'ai peut-être bien loupé le passage à l'heure d'été.

D'un mouvement fébrile et maladroit je fouille dans la poche extérieure de ma veste spéciale deux-roues et en retire péniblement mon smartphone coincé au milieu de mes gros trousseaux de clés et autres cartes d'accès à mon travail. Je tente de le déverrouiller d'un seul glissement saccadé de l'index sur l'écran mais dans la précipitation je me trompe et suis obligé de m'y reprendre à deux fois. Enfin je lis l'heure : 7h10 !

Bon sang mais oui, nous nous sommes levés trop tôt ! On a oublié hier soir de changer l'heure de nos réveils ! Ne regardant jamais la télé nous avons facilement loupé l'info et sans contrainte ce dimanche nous ne nous sommes aperçus de rien. Heureusement le smartphone, lui au moins, s'est mis à la bonne heure automatiquement mais je ne l'ai peut-être pas consulté la veille. Ou alors je n'ai pas remarqué le décalage avec nos autres horloges.

Zut en plus Angelina et Nicolas viennent de se réveiller et de descendre petit-déjeuner. Il faut que je les prévienne de notre erreur et leur dire qu'ils peuvent retourner se coucher ou du moins prendre leur temps ! C'est quand même dommage de se priver d'une heure de sommeil alors que nous sommes fatigués par notre rythme trépidant. En outre Nicolas, d'après ce que je perçois, est encore grognon ce matin et Angelina ne se sent vraiment pas dans son assiette (ou plutôt dans son bol). Elle a peut-être un début de gastro ou est sous le coup d'une intoxication alimentaire (l'andouillette d'hier midi, les fruits de mer d'avant-hier ?).
Moi qui étais déjà contrarié par cette mauvaise nouvelle qui va bouleverser l'équilibre précaire de ma petite vie minutée, je le suis doublement.

Du garage je déboule dans la cuisine en ayant encore mon casque sur la tête. Sans un mot, d'un geste théâtral, le bras tendu, avec problement le visage inexpressif d'un psychopathe, j'exhibe mon téléphone à quelques centimètres des yeux de mon épouse au teint plutôt pâle. Je m'attends à ce qu'elle réagisse avec autant d'excès, poussant un cri de surprise après avoir pris conscience de notre étourderie idiote, mais elle me toise et dit :
- "L'écran est éteint."

Mon effet est complètement raté. Désarçonné et vexé je suis obligé de re-déverrouiller l'appareil que je croyais pourtant réglé pour rester allumé 5 minutes d'affilée après une quelconque action dessus.

Après ce contretemps, toujours totalement mutique, je lui remontre, avec une vigueur qui veut en dit long, l'écran accusateur, preuve éclatante et sans appel de notre manque de vigilance temporelle.
Elle le regarde fixement plusieurs secondes, l'air perplexe, essayant sûrement de saisir pourquoi j'ai l'air aussi habité, voire possédé, puis dit d'une voix blanche :
- "Ouais, et alors ?"

Surpris par cette seconde réplique franchement à des années lumière de celle espérée (elle ne comprend donc pas !?), je retourne l'écran vers moi, soudain incertain.
Mon œil trouble se pose de nouveau sur l'heure affichée. Il est maintenant 7h13. Mon cerveau énervé mais manifestement mal réveillé réalise avec une lenteur teintée de mauvaise volonté qu'il est bel et bien l'heure habituelle de mon départ au boulot, comme chaque jour que Dieu fait. Donc tout va "bien". C'est un peu dur à avaler, les aiguilles des pendules de l'ensemble de la maison semblent vouloir toutes à cet instant piquer ma fierté, mais force est de constater que ce n'est pas le jour du changement d'heure. J'ai juste complètement halluciné ces 3 dernières minutes... Je devrais être content mais je suis déçu d'avoir cru à tort que je m'étais trompé !

Tout en repartant penaud vers le garage je romps enfin mon silence lourd de sens en bredouillant :
- "Heu... Non, rien..."

Sur mon scooter je me demande si Angelina et Nicolas ont finalement deviné le pourquoi de mon irruption spectaculaire et absurde dans leur petit-déjeuner.

05/01/2014

Feu ma réputation.

 

Feu ma réputation.

Fin du dîner, Angelina est partie à l'aquagym et pendant que je débarrasse la table, mon fils, 4 ans et demi, demande :
- "Papa, tu peux regarder si j'ai fait pipi dans mon slip ?"
- "Pourquoi !? J'espère que non ! Il faut aller aux WC quand tu as envie, tu le sais bien."
- "Parce que je crois que c'est mouillé. Allez, regarde, touche ! S'il te plaît..."
- "OK, mais on verra ça en haut quand tu te mettras en pyjama. Vas-y monte, je finis de ranger et te rejoins."

Malgré cette injonction claire et nette, Nicolas descend son futal et réclame maintenant que je sente, avec mon nez, son sous-vêtement. Soit il est têtu, soit je manque d'autorité. Mais bon sang, qui porte la culotte à la maison ?
J'insiste donc :
- "Nicolas, remonte ce pantalon immédiatement, il n'est pas question que je me baisse et renifle ton slip ici avec en plus ton zizi sur mes cheveux. Viens, on va faire la toilette et vérifier ça."
L'évocation de son sexe sur mon crâne le fait beaucoup rigoler. A son âge il est vrai qu'il n'y a rien de plus marrant que les histoires de pipi caca, même s'il est heureusement aussi capable d'humour plus raffiné.

Je me dirige vers l'escalier. Mon fils me suit mais a laissé son velours rouge au niveau des chevilles. Il se déplace ainsi, la démarche laborieuse mais un brin comique. J'essaie de conserver mon sérieux et dit d'un ton sentencieux :
- "Remonte tes vêtements sinon tu risques de tomber dans les escaliers."
Je ne tiens pas à l'emmener aux Urgences. Je me vois bien expliquer dans quelles conditions il a chuté...

En attendant qu'il obéisse à ce sage conseil, je m'appuie contre la porte d'entrée. La sonnette retentit pile-poil au moment où mon épaule touche la vitre de la porte. Interloqué je m'interroge et en une fraction de seconde les hypothèses se bousculent.
Est-ce l'onde de choc provoquée par ma puissante musculature qui a déclenché la sonnerie ?
Une personne attend-elle dehors que je lui ouvre ?
Mais qui alors ?
Angelina qui revient parce qu'elle a oublié quelque chose ?
Pourtant ça fait déjà un moment qu'elle est partie, elle devrait déjà être dans l'eau avec Steven, le maître-nageur/strip-teaseur stéréotypé qui les fait toutes glousser (excepté ma femme, qui sait se tenir, bien-sûr).

Inquiet mais résolu je prends mes clés et ouvre prudemment, craignant vaguement l'irruption d'un être malfaisant ou d'un événement paranormal dans mon quotidien d'ordinaire très banal.

Inutile d'appeler les Secours, c'est un pompier !
Une pompière plus exactement, très jolie, yeux de braise, à peine 18 ans je dirais. Avant les fêtes et comme le veut la tradition, elle vient vendre des calendriers.

Complètement désarçonné par cette apparition inattendue, je lui lance un timide et précipité "OK". Je me retourne à la va-vite pour dissimuler mon trouble à son regard intrigué et me mets à la recherche du porte-monnaie. Il est en principe dans la veste pendue juste derrière moi à la rampe d'escalier. Je me trompe de poche, comme d'habitude dans ce genre de contexte de confusion mentale, mais finis par mettre la main dessus. Je l'ouvre, un peu anxieux à l'idée de détenir une somme qui soit ou beaucoup trop ou pas du tout assez. Par chance il me reste un billet et il est de 5 Euros. Je le sors pour le lui remettre.

Parfait !

A nuancer toutefois car je m'aperçois que Nicolas est toujours là, curieux comme pas deux. Il est en effet depuis toujours fasciné par les pompiers. Par exemple il connaît le nom des véhicules par cœur. Il faut le voir épater la galerie quand il reprend un adulte qui montre un simple camion de pompier alors qu'il s'agit précisément d'un fourgon pompe-tonne ou d'un VSAV (Véhicule de Secours et d'Aide aux Victimes).
Je lui ordonne de reculer et de ne pas rester dans le froid pour ne pas tomber malade.
Je réalise soudain et dans le même temps qu'il est toujours cul nu !

Ma gêne s'accentue à vitesse grand V.

En effet, faisant preuve d'empathie je me mets à la place de la pompière. Elle sonne et un adulte avec un air particulièrement ahuri lui ouvre presque instantanément avec derrière lui un petit enfant à moitié nu.
Je n'ose imaginer les conclusions qu'elle pourrait tirer de cette scène. Il n'y a pas de fumée sans feu, d'autant plus dans son métier...

Souhaitant redonner un semblant de normalité à la situation et surtout couper court à toute interprétation hâtive, j'explique maladroitement que nous montions nous coucher et qu'à l'instant où je me suis posté contre la porte j'ai entendu la sonnerie. Ne sachant pas si c'était un dysfonctionnement c'est pour cela que j'ai sans doute eu un peu l'air bête et bizarre en ouvrant précautionneusement.

Je ne sais pas si elle est convaincue ou si elle pense que ces histoires de sonnette ne sont que sornettes. Par contre je me rends bien compte que ça n'explique en rien l'accoutrement original et pour le moins inapproprié de mon fils. Pour autant je ne vois pas comment amener cela de façon crédible dans mon récit alors que celui-ci, bien que véridique, ne tient déjà pas trop la route. Il faudrait que quelqu'un me fasse la courte-échelle pour m'en sortir. Je crains que même une pompière ne puisse éteindre l'embrasement de mes joues.

En retour elle me lance qu'avant de sonner elle m'a vu arriver à travers la vitre. Elle croyait donc que je l'avais aperçue avant même qu'elle ne sonne. Evidemment c'était impossible car il faisait nuit. Je n'aurais pu la distinguer que si elle s'était collée contre la paroi, mais pourquoi aurait-elle fait ça ?

Bref, sur ces entrefaites elle est repartie.

J'ignore ce qu'elle a pu raconter à ses collègues et si l'idée lui est passée par la tête de dénoncer mon comportement suspect à quelque administration compétente. Je croise les doigts, pour l'instant personne ne m'a encore fait casquer.

 

21:01 Publié dans nouvelles | Tags : calendrier, pompiers, pipi | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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