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01/04/2014

Gros pêle-Mêle des 3 dernières semaines de travail

Non je ne vous abandonne pas ! J'ai bien bossé ces dernières semaines pour vous offrir aujourd'hui le fruit de ce plaisant labeur : jeux de mots, vidéo, nouvelles, photos,... C'est un très gros post du coup, pardon s'il y a indigestion.

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Accepte-moi je ne prendrais pas de place, ou alors peut-être juste dans ton coeur...

Pourquoi je me montre si Distant ? Pour mieux t'Admirer mon Amour ! - 1er Conseil de BHaut Parleur

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Shellfie de l'Artiste

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Cellefi de l'Artiste

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Prise de Bec

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Brume à la Plage de la Source à Pornic

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Croix amalgamée : après

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Croix amalgamée : avant

 

Mauvaise impression

En boutique je suis mal à l'aise au point de ressentir parfois des vertiges diffus pendant plusieurs heures. Comme si j'étais sous pression, en stress ou face à un dilemme cornélien et paralysant. Moi qui suis un intello (à défaut d'être manuel), je me retrouve alors privé de réflexion. Je ne suis plus alors qu'un pâle reflet de ce que suis habituellement. C'est dire si c'est peu car je suis de nature quasiment transparente tant je suis discret et sans charisme. A tel point que les portes automatiques des grandes surfaces oublient parfois de s'ouvrir lorsque j'arrive devant elles.

Ce mal-être bizarre est peut-être dû à la configuration géométrique des lieux, avec tous ces rayons et ces milliers d'objets alignés et superposés d'une manière particulière et ordonnée. Drôle d'idée me direz-vous mais un ostéopathe réputé a un jour avancé cette hypothèse en apprenant que je souffrais d'une légère diplopie de l'oeil droit. J'avoue sans vergogne que j'aime bien cette supposition car elle possède l'avantage de mettre en cause mon corps plutôt que mon équilibre mental. En tant qu'intellectuel, je préfère.

En tout état de cause je ne crois pas que ce soit une phobie car la manifestation des symptômes n'est pas complètement ingérable. Elle n'est pas (totalement) liée à ma peur des gens par exemple. Force est de constater que même au sein d'un magasin dépeuplé mon malaise pointe le bout de son nez. A l'inverse je me sens comme un poisson dans l'eau dans un concert au milieu d'un pogo réunissant plusieurs milliers d'agités du bocal.

La cause pourrait éventuellement trouver son origine dans mon rapport à la consommation ou à l'argent mais je fiche mon billet que ce n'est pas ça non plus.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir subi d'expérience traumatisante dans ma jeunesse si j’exclus la fois où j'ai découvert l'existence de la sexualité au rayon livres pour enfants d'une grande surface.

Hum, oui vous avez bien lu...

Petit retour en arrière. C'était chez Mammouth, qui à l'époque écrasait les prix mais aussi parfois et c'est moins connu, l'innocence des plus petits. Ce jour là je suis tombé sur une bande dessinée de la Cicciolina, l'une des premières porno-stars de l'histoire, aujourd'hui reconvertie dans la politique (soit le parcours inverse de certains de nos politiciens).
Cette œuvre édifiante n'avait a priori rien à faire aux côtés de Babar l'éléphant malgré une certaine similitude entre la trompe de ce dernier et plusieurs protagonistes de l'aventure plutôt mieux pourvus que la moyenne en matière d'entre-jambe.
L'histoire racontait sexplicitement et force détails comment la demoiselle parvenait à rendre le monde meilleur en couchant avec celui-ci, n'importe où et n'importe quand. Après ce traitement de choc, même les méchants chasseurs se comportaient comme de gentils lapins.

Pour rester sur le thème de l'enfance, peut-être que mon trouble en boutique tire son origine d'une crainte certes faible, mais ressentie pendant des années : celle qu'un vigile zélé de l'hypermarché vienne nous surprendre et nous gronder, mon frère et moi, en pleine lecture gratuite de BD. En effet les parents nous laissaient seuls à ce rayon pendant qu'ils faisaient leurs courses les vendredi soir.
C'est grâce à ce rituel que j'ai pu découvrir fiévreusement(en sus de la Cicciolina), Chick Bill, Aria, Lucky Luke, Tintin, Astérix, Boule et Bill et bien d'autres trésors.
En tout et pour tout la prise en flagrant délit de lecture gratuite est arrivée une malheureuse fois. En fait nous avions bien plus de raisons de craindre le retour des parents avant la fin de l'album en cours. Nous nous dépêchions de lire une première œuvre. Ensuite il était forcément très tentant d'en commencer une seconde tout en sachant pertinemment qu'elle serait sûrement impossible à terminer avant le temps imparti et que de surcroît elle ne serait peut-être plus disponible la semaine suivante... La frustration crée le désir.

Il m'est arrivé bien d'autres petites mésaventures qui pourraient expliquer cet étrange mal-être anti-shopping. Par exemple, gamin, ma maman m'a un jour envoyé faire de menues emplettes au Codec près de chez nous. Et bien j'ai réussi l'exploit de revenir sans les achats, négligemment abandonnés sur le tapis de la caisse, après avoir bien-sûr payé. Vexant et complètement nul. Après m'être fait sermonner j'ai dû retourner à la supérette mais quelque malotru était déjà reparti avec mes sacs. Cuisante humiliation.

Au final et c'est un aveu d'impuissance, je n'ai aucune idée du véritable pourquoi de cette gêne incongrue qui m'empêche de profiter pleinement de notre alléchante société de consommation. Ceci étant, faut-il toujours une raison à la folie ?

Conséquence de cette inaptitude je loue chaque jour le miracle Internet qui permet de contourner cette corvée. Je commande directement depuis mon bureau douillet presque tout ce dont j'ai besoin. Chez moi le déclic du clic de souris est venu rapidement et avec le sourire. Au moins à tête reposée je peux rechercher les meilleurs rapports qualité/prix et me renseigner dans le détail, sans vendeur oppressant ou incompétent. Bref, je me sens sur le Web comme un Spiderman anonyme dans sa toile.

Cependant entre le Net et la boutique physique il existe un entre-deux. Parfois la commande s'effectue en ligne mais la livraison est à récupérer dans un vrai magasin où il faut (hélas) se rendre en chair (de poule) et en os pour récupérer son bien.
Ainsi la semaine dernière j'ai effectué un achat sur le site de Décathlon pour acquérir plusieurs équipements sportifs et je dois aujourd'hui récupérer ma commande. Dur, mais je n'ai pas le choix, l'ermite que je suis devenu va devoir sortir de sa bulle. Sur le site j'en ai aussi profité pour accepter leur carte de fidélité. Seulement celle qui m'a été proposée est provisoire et il faudra que je la finalise sur place.

Nous nous rendons donc au magasin avec mon épouse, Angelina, et mon fils, Nicolas, car eux vont aussi s'équiper, courageusement, sans passer du tout par Internet.

En entrant je demande à la caissière quelle est la procédure à suivre pour obtenir mes biens. Pour la carte de fidélité elle désigne une borne où je devrais me rendre. Quant à la commande en ligne, sans vouloir me commander elle me presse de la suivre et me montre un gros carton dans l'arrière boutique. Nous l'ouvrons, je vérifie qu'il y a tout et je l'interroge pour savoir si je peux faire un essayage des vêtements. Sa réponse est positive.

La caissière commence alors par faire le tri afin de laisser sur place ce que je n'ai pas besoin d'essayer. Ensuite elle fait le décompte des articles à emmener afin de ne pas avoir de problème à mon retour, au cas où je reviendrais avec des articles supplémentaires. Enfin une autre employée m'emmène jusqu'à une cabine, au sein du magasin.
J'enfile les différents vêtements et par chance tout me va à peu près (une fois achetés je suis du genre à garder et même mettre des habits qui ne me vont pas, j'assume contre toute raison). L'épreuve durera ainsi moins longtemps car comme à l'accoutumée je ne me sens pas très bien. Malgré le lieu, ce n'est pas à fond la forme...

Pressé d'en finir je pars à la recherche d'Angelina et Nicolas. En fait ils sont déjà en train de m'attendre pour passer à la caisse. Ils sont allés plus vite que moi ! Preuve que je tourne au ralenti.

La caissière contrôle que je n'ai pas ajouté d'article et démagnétise les antivols pour empêcher l'alarme de sonner.
J'informe Angelina que je dois encore faire imprimer ma carte de fidélité. Surprise, elle me rétorque qu'elle en a déjà une et qu'il était donc inutile de demander un exemplaire supplémentaire. Je ne savais pas ou si je l'ai su cette information n'a pas daigné rester dans ma cervelle de moineau. A vrai dire j'étais même intimement persuadé qu'Angelina ne souhaitait plus de carte de fidélité, surtout celle d'un magasin de sport où il est rare que nous allions.
L'idée de renoncer à la nouvelle carte surgit dans mon esprit embrumé mais mes achats sur Internet ont déjà généré automatiquement un chèque-cadeau. Ce serait bête de s'en priver alors tant pis, nous aurons chacun notre carte.

Angelina et Nicolas m'attendent derrière la caisse. Je me dirige vers une table sur laquelle il y a un écran d'ordinateur et un clavier, ainsi qu'une machine oblongue posée à gauche. Sur l'écran est indiquée la procédure à suivre.

Je stresse un peu plus car j'ai toujours appréhendé d'avoir à faire à des machines peu intuitives et de ne pas m'en sortir. C'est le même genre d'angoisse idiote que je ressens avec les pompes à essence, les distributeurs de boissons, de tickets de métro ou de billets de train. Il m'est arrivé de faire la queue longtemps plutôt que de retirer rapidement un billet SNCF via une borne automatique.
Une fois à Lyon j'ai voulu retirer de l'argent au distributeur et j'ai réussi le tour de force de partir sans l'argent ! Je m'en suis aperçu à la bibliothèque universitaire une demi-heure plus tard. Heureusement les billets avaient été ravalés par la machine et non pris par quelqu'un d'autre. Sans doute avais-je l'esprit trop occupé par mes études...
Le pire c'est que je n'aime pas non plus m'adresser aux guichets et demander quelque chose à une personne réelle que je ne connais pas.
Bref, un rien est compliqué pour moi, je me fais une montagne de tout un tas de choses banales, je me sens inadapté. Et malgré l’avènement du virtuel je suis bien obligé parfois d'affronter la vie, la vraie.

Je lis et relis les instructions à l'écran pour imprimer ma carte plastifiée. Pour commencer il faut scanner le code barre de ma carte provisoire. Je déplie donc mon papier imprimé préalablement chez moi et le passe devant la drôle de machine posée à ma gauche. Rien ne se passe, elle ne moufte pas. Je repasse la feuille deux ou trois fois, de gauche à droite, de bas en haut, en biais, sans résultat. Pourtant elle n'est pas froissée et bien lisible.
Je jette un coup d'oeil derrière moi, je pressens que tout le monde me regarde et commence à se moquer du pauvre type qui n'arrive pas à se servir d'une douchette. Visiblement non, je dois être paranoïaque ou alors ils font comme s'ils n'avaient rien vu. Ils sont malins.
Fugitivement l'idée me traverse de demander de l'aide mais j'ai trop d'orgueil mal placé. J'aperçois au loin Angelina et Nicolas qui paraissent s'impatienter. Je leur lance un sourire (crispé) pour les rassurer.

Dans un geste désespéré je montre à nouveau mon code-barre à la machine aussi grise que ma mine. J'essaie vainement d'avoir l'air de celui qui sait très bien ce qu'il fait, qui garde la maîtrise en toute circonstance. Rien n'y fait, l'appareil reste sans vie. Peut-être est-il simplement en panne ?

Je lis sur l'écran qu'en cas d'échec il faut taper les 13 chiffres du code barre à la main. Ouf, ils ont prévu une solution de secours.
Je lance un second regard anxieux derrière moi. Ils doivent tous se demander ce que je fous. En général ça doit aller beaucoup plus vite. Comme la fois précédente les clients et le personnel jouent avec brio l'indifférence.
Angelina me fait toutefois un signe pour dire "Alors, c'est bientôt fini ?". Je me ressaisis et saisis résolument, un à un, les caractères du code-barre qui dansent devant mes yeux. Je vérifie ma frappe. OK. Je re-vérifie. Toujours OK. J'appuie sur entrée. OK !
Je ne me suis pas trompé, cela semble fonctionner. J'entends le bruit rassurant d'une imprimante qui se met en branle.
Je m'en félicite, soulagé de m'en tirer enfin.

Répit de courte durée car subitement je réalise que l'imprimante en question est en fait la machine muette et obtuse qui ne voulait pas scanner ma carte provisoire !
Je prends rapidement conscience que j'ai passé et repassé mon code-barre, de manière tout à fait ridicule et inappropriée, devant une imprimante qui n'a jamais été conçue pour scanner quoi que ce soit. Ca ne risquait pas de marcher ! Ils doivent bien se marrer dans mon dos les gens mais je n'ose plus me retourner.

Mais alors où se trouve cette foutue douchette ?

Et bien je m'aperçois que depuis le départ elle trône sous mon nez, un peu à droite sur la table, parfaitement en évidence pour qui n'a pas l'esprit confus. Son laser rouge me nargue en me faisant outrageusement de l'oeil, genre "coucou, j'ai toujours été là, nananère !". Accablé je rejoins mon épouse et nous quittons ce lieu maudit. La prochaine fois je paierais les frais de port.

Décidément je pense que les magasins me feront toujours mauvaise impression.

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La maternelle, c'est pas de la tarte

J-3.

Nicolas, à table, nous demande :
- "Est-ce que je pourrais manger du gâteau le jour de mon anniversaire des 5 ans à l'école ?"
- "Bien-sûr que oui ! Répondons-nous en cœur.
- "Quand c'est l'anniversaire des autres tu as toujours le droit alors quand c'est le tien encore plus, non ? Ajoute Angelina.
- "Ce serait vraiment bizarre que tu n'en ais pas. Pourquoi poses-tu cette question ?" Interviens-je à mon tour.
- ...
Pas de réponse, Nicolas change vite de sujet et nous en restons là. Peut-être que celui dont c'est l'anniversaire est servi en dernier, par politesse ou pour raison pédagogique...

Jour J.

Comme d'habitude en ce mardi je vais chercher Nicolas à l'école à 16h45. Il sort, dit vaguement au revoir à sa maîtresse, Marguerite, puis part en direction de la sortie. Comme je sais qu'il a fêté son anniversaire en classe avec ses camarades, j'interroge rapidement Marguerite :
- "Est-ce que le goûter d'anniversaire s'est bien passé ?"
- "Oui très bien mais c'est drôle parce que Nicolas a demandé avant que ça ne commence s'il aurait l'autorisation comme les autres de prendre une part de gâteau"
- "Étonnant en effet, d'autant qu'il nous a aussi posé cette question il y a peu..."
Voyant Nicolas déjà loin j'abrège la conversation et vais le rejoindre.

Jour J, au dîner.

Angelina demande à Nicolas comment s'est déroulé son anniversaire à la maternelle. N'aimant généralement pas trop raconter ses journées il fait un résumé :
- "Bien."

Bon, en l'asticotant un peu plus il nous explique qu'il n'apprécie toujours pas quand on lui chante Joyeux anniversaire. Timide et réservé il se sent vraiment gêné d'être tout à coup le centre d'attention.
Je signale à Angelina ce que l'enseignante a dit à propos du gâteau. Ne sachant pas trop quoi en penser nous ré-interrogeons Nicolas. Nous n'espérons pas vraiment de réponse mais cette fois il se lance.

Et c'est là qu'il nous raconte, des sanglots dans la voix, qu'il y a un an jour pour jour, à son précédent anniversaire, à 4ans donc, en 1ère année de maternelle, son institutrice de l'époque, Gertrude, une remplaçante qu'il n'appréciait guère (comme plusieurs autres enfants), lui a totalement interdit de manger sa part de gâteau.

Nous imaginons cette terrible scène.

Consternés et tristes d'apprendre cette histoire uniquement maintenant alors que Nicolas aurait pu et Gertrude aurait dû nous en parler, nous demandons à notre progéniture pourquoi il a vécu cette cruelle privation.
- "J'étais puni."
- "Pourquoi ?"
- "Parce que je n'étais pas sage."
- "C'est-à-dire ?"
- "J'avais dit un gros mot."
- "Ah bon, lequel ?"
- "Grosse fesse."
- "Ah oui, et à qui as-tu dis ça ?"
- "A Léa, une fille de ma classe."

Donc voilà, Nicolas, de l'avis général un gentil petit garçon, à 4 ans seulement a subit la méchante humiliation, devant tous ses copains de petite section, d'être privé de son propre gâteau d'anniversaire (que nous, parents, avions apporté), pour une simple et sans doute très exceptionnelle incartade langagière. Il aura fallu un an avant qu'il puisse en parler.

Nous expliquons alors à Nicolas que cette punition était très exagérée et qu'il devrait toujours nous dire quand il a fait une bêtise parce que ça peut souvent être réparé. Nous aurions pu notamment en discuter avec Gertrude. Nous demandons à notre fils quelle aurait été à son avis une juste punition. Il hésite, réfléchit... Je propose :
- "Aller au coin quelques minutes ?"
- "Heu... Non, plutôt de manger le gâteau sur une chaise à l'écart des autres" s'exprime-t-il.
- "Oui effectivement ça aurait été mieux."

Nous comprenons un peu mieux pourquoi l'an passé il n'aimait pas aller à l'école alors qu'il adorait auparavant la crèche et que plein d'autre enfants se font une joie d'être en maternelle. Nous avions mis ça sur le compte de plusieurs raisons vraisemblables comme notre déménagement et l'absence d'Angelina les jours de semaine en attendant sa mutation de Lyon à Bordeaux. Nous savions que le courant ne passait pas super bien entre notre fils et Gertrude mais sans aucun fait particulier à reprocher à cette dernière. Nos rapports avec elle étaient tout à fait corrects et elle ne nous faisait pas mauvaise impression.

Cerise sur l'absence de gâteau, Nicolas nous racontera quelques minutes plus tard que Marguerite, sa maîtresse actuelle, lui avait fait dans un premier temps la mauvaise blague de répondre qu'il n'aurait pas le droit d'avoir sa part. La pauvre ne pouvait pas se douter que derrière cette question surprenante se cachait une réelle douleur. Je lui dirais le fin mot de l'histoire la prochaine fois que je la verrais.

D'un côté les enseignants jouissent d'un pouvoir disproportionné et quelques uns n'hésitent malheureusement pas à en abuser, consciemment ou pas. De l'autre côté les enfants ne disent pas tout et peuvent aussi mentir.
Dès lors, parents impuissants, nous ne pouvons nous empêcher de penser : pourrait-il y avoir d'autres choses plus graves que nous ignorons ?

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 Fête des Paires

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Bière qui roule amasse mousse

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C'est un jour à marquer d'une Bière blanche

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C'est celui qui dit qui HAIT

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Donnez du H à la campagne et faites couler le cHampagne

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Hip-Hop, l'Argent coule à Flow

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J'aimerais apporter ma Bière à l'édifice

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J'aimerais retourner à l'âge de Bière

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Je pense donc je Hais

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A la bonne heure !

Au moment de sortir mon scooter pour aller au boulot en cette journée du 24 mars, un doute m'étreint avec fulgurance. Je ne sais pas si c'est à cause de la luminosité dehors ou d'autre chose mais je me dis que j'ai peut-être bien loupé le passage à l'heure d'été.

D'un mouvement fébrile et maladroit je fouille dans la poche extérieure de ma veste spéciale deux-roues et en retire péniblement mon smartphone coincé au milieu de mes gros trousseaux de clés et autres cartes d'accès à mon travail. Je tente de le déverrouiller d'un seul glissement saccadé de l'index sur l'écran mais dans la précipitation je me trompe et suis obligé de m'y reprendre à deux fois. Enfin je lis l'heure : 7h10 !

Bon sang mais oui, nous nous sommes levés trop tôt ! On a oublié hier soir de changer l'heure de nos réveils ! Ne regardant jamais la télé nous avons facilement loupé l'info et sans contrainte ce dimanche nous ne nous sommes aperçus de rien. Heureusement le smartphone, lui au moins, s'est mis à la bonne heure automatiquement mais je ne l'ai peut-être pas consulté la veille. Ou alors je n'ai pas remarqué le décalage avec nos autres horloges.

Zut en plus Angelina et Nicolas viennent de se réveiller et de descendre petit-déjeuner. Il faut que je les prévienne de notre erreur et leur dire qu'ils peuvent retourner se coucher ou du moins prendre leur temps ! C'est quand même dommage de se priver d'une heure de sommeil alors que nous sommes fatigués par notre rythme trépidant. En outre Nicolas, d'après ce que je perçois, est encore grognon ce matin et Angelina ne se sent vraiment pas dans son assiette (ou plutôt dans son bol). Elle a peut-être un début de gastro ou est sous le coup d'une intoxication alimentaire (l'andouillette d'hier midi, les fruits de mer d'avant-hier ?).
Moi qui étais déjà contrarié par cette mauvaise nouvelle qui va bouleverser l'équilibre précaire de ma petite vie minutée, je le suis doublement.

Du garage je déboule dans la cuisine en ayant encore mon casque sur la tête. Sans un mot, d'un geste théâtral, le bras tendu, avec problement le visage inexpressif d'un psychopathe, j'exhibe mon téléphone à quelques centimètres des yeux de mon épouse au teint plutôt pâle. Je m'attends à ce qu'elle réagisse avec autant d'excès, poussant un cri de surprise après avoir pris conscience de notre étourderie idiote, mais elle me toise et dit :
- "L'écran est éteint."

Mon effet est complètement raté. Désarçonné et vexé je suis obligé de re-déverrouiller l'appareil que je croyais pourtant réglé pour rester allumé 5 minutes d'affilée après une quelconque action dessus.

Après ce contretemps, toujours totalement mutique, je lui remontre, avec une vigueur qui veut en dit long, l'écran accusateur, preuve éclatante et sans appel de notre manque de vigilance temporelle.
Elle le regarde fixement plusieurs secondes, l'air perplexe, essayant sûrement de saisir pourquoi j'ai l'air aussi habité, voire possédé, puis dit d'une voix blanche :
- "Ouais, et alors ?"

Surpris par cette seconde réplique franchement à des années lumière de celle espérée (elle ne comprend donc pas !?), je retourne l'écran vers moi, soudain incertain.
Mon œil trouble se pose de nouveau sur l'heure affichée. Il est maintenant 7h13. Mon cerveau énervé mais manifestement mal réveillé réalise avec une lenteur teintée de mauvaise volonté qu'il est bel et bien l'heure habituelle de mon départ au boulot, comme chaque jour que Dieu fait. Donc tout va "bien". C'est un peu dur à avaler, les aiguilles des pendules de l'ensemble de la maison semblent vouloir toutes à cet instant piquer ma fierté, mais force est de constater que ce n'est pas le jour du changement d'heure. J'ai juste complètement halluciné ces 3 dernières minutes... Je devrais être content mais je suis déçu d'avoir cru à tort que je m'étais trompé !

Tout en repartant penaud vers le garage je romps enfin mon silence lourd de sens en bredouillant :
- "Heu... Non, rien..."

Sur mon scooter je me demande si Angelina et Nicolas ont finalement deviné le pourquoi de mon irruption spectaculaire et absurde dans leur petit-déjeuner.

 
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